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Des formats synthétiques destinés à éclairer une actualité, une décision ou une problématique économique.
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Des travaux approfondis pour examiner les mécanismes, les arbitrages et les conséquences d'une transformation.
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À venirAnalyse de fond — Août 2026
Repenser la commande publique comme instrument d'innovation et de réindustrialisation
La commande publique européenne représente plus de 2 000 milliards d'euros par an. Faut-il accepter de payer davantage pour reconstruire des capacités industrielles, stimuler l'innovation et réduire certaines dépendances ? Cette étude cherche à déterminer quand ce surcoût est économiquement justifiable — et quand il ne l'est pas.
Executive summary
Le rapport ne conclut ni à la généralisation de la préférence européenne, ni au maintien systématique du critère du prix le plus faible. Les données étudiées montrent que la commande publique peut soutenir l'innovation, l'investissement et la résilience, mais uniquement sous certaines conditions. Une préférence mal calibrée peut au contraire réduire la concurrence, créer des rentes et imposer un surcoût sans produire de capacité industrielle supplémentaire.
Accepter un surcoût n'est économiquement défendable que lorsque trois conditions sont réunies : le bien est réellement critique, la commande atteint une échelle suffisante pour produire l'effet recherché et aucun instrument moins coûteux ne permet d'obtenir le même résultat.
01
La dépendance doit représenter un risque économique ou stratégique réel et documenté. Tous les biens ne justifient pas une politique de préférence.
02
Une préférence dispersée sur de faibles volumes ne crée ni économies d'échelle ni capacités industrielles nouvelles. L'agrégation de la demande est déterminante.
03
Une préférence de prix ne doit être retenue que si aucun instrument plus directement ciblé — contrat, garantie, subvention, achat conjoint ou capacité de réserve — n'obtient le même résultat à moindre coût.
Ce que montre l'étude
> 2 000 Md€
Commande publique annuelle dans l'Union européenne≈ 14 % du PIB européen
5 – 15 %
Ordre de grandeur du coût associé à une préférence domestique mal calibrée dans les études analysées.
5,7 → 3,2
Nombre moyen de soumissionnaires aux procédures européennes entre 2011 et 2021.
– 13 %
Réduction moyenne du délai d'attribution observée pour les achats conjoints étudiés.
Une réponse différenciée
Le principal problème n'est plus l'absence de préférence européenne, mais la fragmentation de la demande entre marchés nationaux. La priorité devient l'échelle et l'achat conjoint.
Le volume peut accélérer les économies d'échelle, mais favoriser l'origine européenne ne produit pas automatiquement le même résultat que favoriser une technologie réellement moins carbonée.
La localisation ne suffit pas à définir la souveraineté : le contrôle capitalistique, les dépendances technologiques et la chaîne d'approvisionnement deviennent déterminants.
L'engagement d'achat anticipé permet de garantir un débouché sans imposer à l'État de sélectionner à l'avance le projet de recherche qui réussira.
Recommandations
01
Objectiver la qualité
Les critères qualitatifs doivent reposer sur des indicateurs mesurables et publiés avant l'appel d'offres : intensité de R&D vérifiable, brevets pertinents, performances énergétiques certifiées, etc. Sans mesure objective, la qualité peut devenir un simple habillage permettant de favoriser un fournisseur sans contrepartie.
02
Payer le succès
Lorsque l'innovation recherchée possède une valeur stratégique claire, l'État peut garantir l'achat du produit s'il atteint des performances définies à l'avance, plutôt que financer ex ante la recherche et sélectionner lui-même les technologies gagnantes.
03
Donner un prix au risque
Avant d'invoquer la souveraineté ou la sécurité d'approvisionnement, évaluer le coût économique d'une rupture et le comparer au coût du maintien d'une capacité de réserve. Le niveau de soutien doit découler de cette comparaison, et non d'un seuil fixé arbitrairement.
Adaptation de la logique européenne VoLL / CONE utilisée dans l'électricité.
04
Crédibiliser la demande
Pour déclencher un investissement industriel stratégique, privilégier un contrat de long terme garantissant temporairement un prix et un volume plancher. Si le marché dépasse le niveau garanti, une partie du surplus revient à l'État. Le soutien devient ainsi temporaire, conditionnel et réversible.
Cadre de décision
01
Quelle est l'ampleur et la probabilité du risque de rupture ?
02
Le problème vient-il d'un risque physique d'approvisionnement ou d'un manque de crédibilité de l'engagement public ?
03
Existe-t-il un instrument moins coûteux capable d'obtenir le même résultat ?
Analyse complète
27 pages pour analyser les arbitrages entre prix, innovation, réindustrialisation et souveraineté dans la commande publique européenne.
Télécharger l'étude complète